Mouvements Naturels


La série Mouvements naturels est le fruit de quatre ans de travail autour du corps nu à travers la technique de double exposition argentique.

Il s’agit d’une recherche artistique dont le but est d’obtenir un rendu esthétique, singulier et sensuel qui puisse éveiller les sens et la conscience.
Avec cette série, je parle du lien essentiel qui unit l’homme à la nature.
Par l’analogie qu’offre le rendu fantomatique et onirique de la double exposition, je montre la beauté de l’énergie qui associe deux éléments vivants.

J’ai commencé par m’inspirer des mouvements de la nature en fonction des
saisons. Je me suis promené en cherchant des éléments naturels à capturer en macro, comme l’ouverture des fleurs, la forme des nervures d’une feuille, la robustesse de l’écorce d’un arbre ou la sécheresse qu’évoque le cactus.

Lors de la prise de vue des éléments naturels qui me servent d’inspiration pour mon thème, je mémorise et note les caractéristiques de ces fonds. Une fois les pellicules terminées, rembobinées et marquées de façon à avoir une juxtaposition satisfaisante, je passe à une autre étape.

Lors de cette seconde étape, je me nourris de mes rencontres avec des danseurs, danseuses, chorégraphes ou musiciens. Et c’est au cours de mes expériences personnelles en danse contact improvisations, Yoga, Chi Gong et Arts martiaux que se peaufine mon idée sur le type de mouvements que je recherche.

Je cherche à capturer l’énergie du mouvement de la nature mis en symbiose avec celle de la danse. Cette fluidité du mouvement, je la capture spontanément pendant que le modèle danse.

Alors que les fonds naturels sont photographiés majoritairement en macro, minutieusement, avec une grande concentration, les danses m’ont demandées d’entrer plus rapidement dans des sensations intenses. J’ai choisi des musiques ambiantes rythmées et hypnotiques de façon à entrer dans une sorte de transe, dans un état ou le mental n’a plus de place et ou la spontanéité émerge. Les sensations perçues du modèle agissent sur mon corps et me font spontanément appuyer sur le déclencheur.

Il m’a fallu plusieurs années avant d’aboutir à un bon équilibre entre les deux prises de vues. Il n’est pas évident, avec cette technique, que deux photos se jumellent correctement pour obtenir une photo bien cadrée et bien éclairée.
Beaucoup de pellicules ont été utilisées avant de trouver les formes qui permettaient au sujet et au fond de s’harmoniser de façon à créer une série qui puisse avoir du sens. Cette technique manuelle me donne donc l’impression qu’une photo réussie est plus précieuse que si j’avais créé cette double exposition avec un logiciel de retouche informatique.

Dans tout mon processus, je laisse beaucoup de place à l’intuition, à la patience, à la minutie, à la mémoire, et à la surprise. Le mystère qu’offre la surimpression me permet l’analogie, la libre interprétation et une ouverture vers la chance.

Même si j’ai une idée des résultats que je souhaite lors de la conception de la série, celle ci reste abstraite tant que la pellicule n’est pas développée. Le résultat est le fruit risqué d’un mélange de contrôle et de lâcher prise, de prise de décision et de hasard.

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